Un jour, un musée … Le musée de la Vie Romantique

C’est par une belle journée d’été que notre BDA adorée Axelle-Orianne s’est aventurée jusqu’au cœur de la « Nouvelle Athène », découvrant par-là même un musée trop peu connu du grand public. Suivez le guide à travers le musée de la Vie Romantique !

Situé dans le quartier de la « Nouvelle Athènes », au cœur du 9e arrondissement, au n°16 de la rue Chaptal, le musée de la Vie Romantique est un havre de paix méconnu, pétri de culture et façonné par les grands esprits du début du XIXe siècle. C’est ici en effet, dans cet îlot de verdure à l’écart de l’agitation parisienne, qu’a vécu entre 1830 et 1858 le peintre Ary Scheffer. Haut lieu du mouvement romantique, il expose les souvenirs de la romancière George Sand, une amie proche du peintre d’origine hollandaise.

Musée de la Vie Romantique (2).jpg

Vue de l’entrée du musée de la Vie Romantique, rue Chaptal (9e arrondissement)

 

Une volée de marches nous permet de pénétrer dans l’univers intime de l’écrivain ; écrin frais à l’ombre des acacias et l’un des derniers exemples de maisons d’artistes construites sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. Tandis que le rez-de-chaussée est consacré aux souvenirs, meubles, bijoux et portraits d’Aurore Dupin – le nom de ville de George Sand – et de sa famille, les étages supérieurs se parent des œuvres de l’artiste Ary Scheffer et d’autres romantiques. On y apprend pêle-mêle les origines royales de l’écrivain – descendante directe de Maurice de Saxe, Maréchal de France, et dont la grand-tante n’est autre que Marie-Josèphe de Saxe, mère de Louis XVI – sa passion pour les joyaux, l’extrême finesse des doigts de Chopin, la captivante, mais néanmoins morbide, mode des bracelets tressés en cheveux naturels, et bien d’autres choses encore.

Jean Masse, Tabatière du maréchal de Saxe.jpg

Jean Masse, Tabatière du maréchal de Saxe 

 

On y découvre aussi la surprenante technique picturale dite « de la dentrite », très appréciée de George Sand et de son fils, Maurice ; technique que la romancière rebaptisa « l’aquarelle à l’écrasage ». La couleur est déposée au pinceau sur le papier avant d’être pressée, encore humide, avec une feuille absorbante pour obtenir des taches aléatoires. George Sand dira que « cet écrasement produit des nervures parfois curieuses. [Son] imagination aidant, [elle] y [voit] des bois, des forêts ou des lacs, et [elle] accentue les formes vagues produites par le hasard ». Une fois déterminé le sens qu’elle souhaite donner aux formes qu’elle y lit, elle travaille ensuite certaines lignes à l’aiguille et à la plume, avant de rehausser ce paysage de couleurs douces aux tonalités froides à l’aquarelle.

George Sand, Paysage.jpg

George Sand, Paysage

 

Si le cœur vous en dit et que vous vous sentez capables d’attendre un certain temps à l’ombre des acacias, le temps peut-être de vous remettre de cette formidable immersion dans le Paris artistique du début du XIXe, on ne saurait que trop vous conseiller de rester prendre un thé dans le jardin du musée, bien à l’abri d’un rideau de roses trémières et de fleurs en pot. Le temps de prendre des forces avant de vous extirper péniblement et à regret de ce bout de campagne en plein cœur de Paris pour retourner à l’agitation de la vie quotidienne. Un musée incontournable pour ceux qui souhaitent remonter le temps du Montmartre bohème.

Musée de la Vie Romantique atelier (2).jpg

L’ancien atelier d’Ary Scheffer accueille aujourd’hui un salon de thé, à l’ombre des acacias.

 

 

Axelle-Orianne Garnier

Retrouvez cet article sur le site Anakronique.

Publicités