Voltaire au Panthéon

Mercredi 16 Novembre, l’acteur et administrateur de la Comédie-Française Éric Ruff a lu des textes de Voltaire au Panthéon.

 

À l’occasion du 250e anniversaire de la mort du Chevalier de La Barre, une lecture de textes de Voltaire a été organisée par le centre des monuments nationaux et la Comédie Française.

 

Lieu même où repose la sépulture de François-Marie Arouet, (dit Voltaire) le Panthéon a accueilli plus d’une centaine de personnes mercredi soir à l’occasion de cet événement inédit. La lecture était composée d’un groupement de lettres adressées aux juges responsables de l’affaire, au Roi Louis XV ainsi qu’au Chevalier Jean Amédée de Rochefort, brigadier des armées. Des extraits de correspondance entre Voltaire et Diderot ont également fait l’objet d’une lecture.

En 1765, le jeune Chevalier de La Barre alors âgé de 19 ans est condamné à mort pour n’avoir pas ôté son chapeau devant une procession. Voltaire réagit immédiatement à cette condamnation arbitraire, excessive, et pour le moins incompréhensible. L’argumentaire des textes de défense du Chevalier de La Barre n’est pas sans rappeler les autres affaires dont l’auteur français a pris le parti entre 1760 et 1766.

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Parmi ces tristes affaires, la plus célèbre est assurément celle de Jean Calas (1761) au cours de laquelle un père de famille Protestant fut condamné à mort pour un parricide dont il n’était évident pas coupable. Figurent aussi au centre des débats de l’époque, les affaires Sirven (1760) – couple de Protestants faussement accusé de parricide – et Lally (1766) – militaire français accusé à tort de trahison, disgracié puis décapité « pour l’exemple ».

La prise de position de Voltaire contre la tyrannie et l’intolérance de l’église catholique est au cœur de son « combat contre l’infâme ». Cet « infâme », c’est la France intolérante. La France du fanatisme religieux. La France de la Saint-Barthélemy. La France du cardinal de Richelieu. Donnez-moi deux lignes de la main d’un homme, disait ce dernier, et j’y trouverai de quoi suffire à sa condamnation.

Les écrits témoignant de la montée des extrémismes religieux et politiques dans la France du 18e siècle sont tristement d’actualité. Malgré le combat des Lumières, cet « infâme » n’a cessé d’exister. Nous nous devons de poursuivre l’œuvre de Voltaire et de ses compagnons. Battons-nous contre ces fanatiques hermétiques au bon sens, ces idéalistes acharnés et meurtriers, mais aussi contre ces hommes et femmes qui proposent le repli sur soi comme une solution insensée à toutes nos difficultés. Méfions-nous de celles et ceux qui pointent du doigt et accusent une communauté de leurs maux. Quant aux événements récents et à venir, ne nous abandonnons pas à la facilité d’un choix ethnocentrique principalement basé sur la peur de l’autre, de l’étranger, du métèque, ou tout simplement de celui « qui n’est pas comme nous ». Refusons à tout prix une vision manichéenne du monde que nos personnages politiques, notre instinct animal et nos passions aiment à nous donner. Ne méprisons rien disait Camus, et obligeons-nous à comprendre au lieu de juger.

 

L.C.

 

 

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